Venise n’est pas en Italie, comédie douce-amère sur la famille (4/5)

Avec : Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Hélie Thonnat…

Une comédie douce-amère tirée d’un livre (ensuite adapté en pièce de théâtre) en partie autobiographique et portant sur le thème de la famille : voilà ce que propose le film Venise n’est pas en Italie, réalisé par Ivan Calbérac.

Un auteur & réalisateur à découvrir

Ivan Calbérac est un réalisateur bien trop rare au cinéma, contrairement à pléthore d’autres. Mais chacun de ses films est une vraie petite merveille. Il fait partie de ce que l’on nomme ici le « Glorious 5 Stars*« , ces 5 réalisateurs français de comédies sur qui compter depuis quelque temps déjà et qui ont désormais un boulevard devant eux, en dignes représentants des spécialistes du genre (Francis Veber, Gérard Oury et Édouard Molinaro, pour ne citer qu’eux).

J’avais notamment été épaté par Irène (avec Cécile de France, Olivier Sitruk et Bruno Putzulu), On va s’aimer (avec Gilles Lellouche, Julien Boisselier et Anne Consigny) et Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) (avec Bernard Campan, Bertille Chabert et Mathilde Seigner). Et donc, à l’été 2016, en plein festival d’Avignon, il présente sa pièce de théâtre Venise n’est pas en Italie, qu’il adapte ensuite au cinéma, avec dans les rôles principaux, Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Hélie Thonnat, David Salles…

La bande-annonce officielle

Famille dysfonctionnelle en partance pour l’Italie

Le jeune Émile (Hélie Thonnat) est un ado mal dans sa peau. Il vit avec des parents très originaux, qui préfèrent le bio, le yoga et la caravane délabrée aux maisons et repas traditionnels. En classe, il se lie d’amitié avec Pauline (Luna Lou), jeune fille sensible, mélomane et harpiste. Elle lui propose alors de venir l’écouter lors de son concert à Venise pendant les vacances. Sous le charme, l’ado, bien que timide, ne se fait pas prier et demande, sceptique, à ses parents. Ces derniers, enthousiastes à l’idée que leur fils connaisse son premier amour, décident de partir à Venise… en caravane ! S’ensuit alors un voyage absolument ahurissant, entre situations improbables, nausées et vol de moto. Le jeune Émile, accompagné de son grand frère (qui vient de quitter son travail dans la restauration), va alors se découvrir et comprendre le véritable sens du mot famille.

The Chamodot are coming

Même si le jeune Hélie Thonnat ne démérite pas, ce sont véritablement ses partenaires de jeu – et accessoirement parents de fiction – Valérie Bonneton et Benoît Poelvoorde, qui portent le film sur leurs épaules. Ce sont eux qui incarnent le couple Chamodot, ces beaufs par excellence qui se croient meilleurs que les autres et qui décident tout pour leur famille. Chaque dialogue (ou presque) qui sort de leur bouche est un pur moment de drôlerie même si, on doit bien le reconnaître, certaines situations aurait pu être plus creusées. C’est le cas du côté « bio-monomanique » du personnage incarné par Valérie Bonneton, que l’on constate au début et puis… c’est tout ! La comédienne, découverte par le grand public dans Fais pas ci, fais pas ça (mais découverte dans le Bison (et sa voisine Dorine) en ce qui nous concerne), fait des merveilles en mère névrosée. Benoît Poelvoorde, lui, est plus calme au départ, pour finalement donner de la « voix » dès le début du voyage. Les scènes de karaoké sont entraînantes et, pour tout dire, les spectateurs chantaient eux aussi dans la salle. Un vrai bonheur. Et puis Benoît Poelvoorde est un véritable caméléon, encore plus exceptionnel lorsqu’il joue, comme ici, un personnage qui se croit au dessus de tout et de mauvaise foi.

Une comédie en Do majeur

Pour l’anecdote, le titre est un hommage à une chanson de Serge Reggiani. Par ailleurs, l’histoire d’amour entre les 2 ados n’est finalement que bien secondaire et surtout, n’est qu’un prétexte pour ce voyage initiatique et cette enchaînement de situations cocasses. Un road-trip entraînant, où même la fin réserve son lot de surprises. Alors bien sûr, la comédie n’est pas parfaite et on sent parfois que certaines situations restent en suspens et c’est dommage. C’est notamment le cas avec le candidat qui fait du covoiturage : il manque de profondeur et n’apporte pas grand-chose à l’intrigue. Tout comme l’histoire du cake et surtout, de son assiette… cela aurait mérité un petit « plus » ! La BO est savamment travaillée et, pour les mélomanes, se révèle être un vrai régal. Le film ne manque jamais de rythme et chaque situation s’enchaîne de manière fluide, provoquant ainsi l’hilarité plus que l’ennui. On pense inévitablement à Little Miss Sunshine et Pour un garçon, 2 films culte ayant des héros ados en perte de repères familiaux.

N.V

*Hugo Gélin, Alexis Michalik, Kheiron, Lucien Jean-Baptiste et donc Ivan Calbérac.

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