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Le Code : que vaut cette nouvelle série judiciaire diffusée sur France 2 ?

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© Mediawan

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Les chaînes de télévision nous abreuvent de séries policières. Parfois jusqu’à plus soif. Mais les séries judiciaires, elles, sont peu fréquentes. Oui, vous avez bien lu. Les séries judiciaires. Une petite nouveauté, qui débute ce mercredi 1er décembre sa diffusion sur France 2, devrait faire parler d’elle pendant un certain temps. Elle s’appelle le Code avec, aux manettes, le créateur de Cherif, rien que ça ! Critique.

Note : 7.25/10

Les années 90 et le début des années 2000 ont été l’occasion pour plusieurs séries judiciaires « marquantes » d’avoir une place de choix dans le milieu télévisuel : The Practice : Donnell et Associés, Murder One ou encore Ally McBeal et la Loi de Los Angeles. Ces séries étaient purement judiciaires, sans aspect policier, contrairement à beaucoup de séries judiciaires actuelles.

En France, les auteurs ont sans doute souvent pris comme modèles leurs homologues américains tels que David E. Kelley et Steven Bochco. Côté productions françaises, la plus connue et la plus réaliste que l’on puisse nommer reste sans doute Avocats et Associés, à la fin des années 90. Plus récemment, mais dans un style bien plus humoristique, Munch.

Et, en 2021, débarque donc une série française à l’américaine intitulée le Code. Tournée un peu à Paris et à Lille, la série a essentiellement posé ses valises (et ses caméras) à Reims. Fin 2020, la Cité des Sacres est donc devenue un immense plateau de tournage, aidée en cela des locaux désormais inoccupés de la BA-112. Le Centre des Congrès est devenu le palais de justice, pendant qu’une petite ruelle donnant rue du Cadran Saint-Pierre est le témoin d’un dramatique accident de la route, ou que le célèbre Café du Palais sert de QG aux héros à la fin de leur journée…

Daniel Njo Lobé incarne Idriss Toma, avocat parisien au service des riches et des puissants. Un avocat visiblement peu recommandable, mais un veuf éploré débarque un jour dans son bureau pour lui faire payer un dramatique accident. Touché à trois reprises, Idriss s’écroule. Sauvé de justesse, il tente de reprendre une vie normale, bien loin de Paris. Dans sa ville natale de Lille, en réalité. Il intègre un cabinet avec Nadia Ayad, jeune avocate idéaliste, et Jeanne Vanhoven, ancienne star du barreau.

Une série réussie

La distribution, alléchante, est très crédible. Daniel Njo Lobé joue tellement bien que son personnage devient réellement ambivalent. Aussi fragile que puissant, aussi bien capable de soulever des montagnes pour sauver sa fille que d’être paralysé de temps à autre à cause de son mal de crâne persistant lié à l’éclat de balle resté dans sa tête.

La véritable révélation de cette série reste, à nos yeux, Naidra Ayadi, dont chacune des apparitions vampire littéralement l’écran. Nadia Ayad, son personnage, en apparence le plus faible et le plus néophyte des trois associés, est en réalité sans doute le plus vindicatif et le plus redoutable. Mais Nadia n’est pas sans faille, loin de là…

Quant à Wendy Nieto, elle incarne avec brio la fille complètement larguée et imprudente d’Idriss. Et comme ce dernier est incapable d’être un père digne de ce nom, leur relation s’avère vraiment très compliquée, tout au long des 6 épisodes que compte (pour l’instant !) la série.

Christian Milet, Catherine Demaiffe, Théo Frilet et Barbara Probst complètent la distribution régulière, tandis que Grégoire Bonnet (Nina, Bastille Day, la Troyenne Annelise Hesme (Nina) ou encore Éric Herson-Macarel (voix française de James Bond – époque Daniel Craig) et Cyril Couton (Un Village français) sont de solides guests le temps d’un ou plusieurs épisodes.

Les dialogues, enlevés, insufflent un rythme inhabituel à ce type de séries et on doit bien reconnaître que l’on constate ici la patte de Lionel Olenga. En effet, ce scénariste est très connu pour « vulgariser » ce qu’il écrit : au final, nul besoin de se plonger dans un livre de droit pour comprendre les termes d’un épisode du Code. Tout est simple, fluide, compréhensible et réaliste. Pas d’effet de manche spectaculaire, pas de raccourcis improbables et surtout, aucune volonté de perdre les téléspectateurs en route. Et, même si la série ne se veut pas une série comique façon Ally McBeal, on peut y déceler, çà et là, quelques touches d’humour entre les moments d’émotion souvent dramatiques. C’est surtout le personnage de Jeanne qui est à l’origine de ces moments légers. Notamment lors de ses échanges avec Claire (Clarisse ? Cléa ?), jeune avocate du cabinet, ou lors de ses moments d’égarement.

La mise en scène, de facture assez classique, s’attarde parfois un peu trop sur certains figurants, mais reste tout à fait convenable.

Lille ou Reims : les villes sont belles à l’écran

La ville de l’intrigue est Lille mais en réalité, c’est bien de Reims d’où proviennent la plupart des scènes. C’est d’ailleurs là que réside le petit souci de la série, puisque la ville de Lille en tant que telle n’a que peu d’importance dans l’intrigue. Pourquoi avoir fait le choix de Reims, dans ce cas ? Eh bien, et one ne va pas s’en plaindre : c’est sans doute logistique et technique. Les sociétés de productions, Mediawan et Makingprod, ont leurs studios de tournage à la BA-112… sans compter le soutien de la ville de Reims et du Grand Est. Il est à noter que quatre séries venant de ces deux productions ont récemment été tournées dans notre belle ville de Reims.

Saluons le travail de la scripte, qui a même pensé à la plaque d’immatriculation du taxi dans le pilote !

L’équipe de la série est venue présenter les deux premiers épisodes du Code à Reims, lundi 29 novembre.

L'équipe de la série, lundi 29 novembre, à la Médiathèque Falala © La Caverne du Sériephile
L’équipe de la série, lundi 29 novembre, à la Médiathèque Falala © La Caverne du Sériephile

La série plaira sans doute au plus grand-monde, et on vous la recommande chaudement. En espérant, comme, prévu, une deuxième saison en tournage dès le printemps prochain…

N.V

Note : 7.25/10

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